Le 25 juillet 2019 à 20h00

Le Corum - Opéra Berlioz à MONTPELLIER

Festival Radio France - Le souffle tampere

Prix Yoot : 5€ 12€

La vente pour cet événement est cloturée

En 2014 et en 2018, le public du Festival a déjà pris la mesure du « phénomène » Rouvali. Chef exceptionnellement doué, comme le sont tant de musiciens finlandais, grâce à un système éducatif unique au monde, S.M.Rouvali, 33 ans, vient avec « son » orchestre de Tampere faire entendre la romantique 1ère symphonie de Sibelius et le virtuose et poétique concerto pour clarinette de son illustre compatriote, le compositeur Magnus Lindberg. L’événement de la fin du festival, avant la soirée de clôture « surprise » avec le même tandem chef-orchestre.

Carl Nielsen (1865-1931) Maskarade, ouverture
Composée en 1906 / Créée à Copenhague le 11 novembre 1906

Leonora et Leander se rencontrent lors d’un bal masqué : c’est le coup de foudre. Mais les familles ont déjà choisi un époux et une épouse pour leurs enfants respectifs. En fait, elles ont décidé d’unir Leonora et Leander, sans que ceux-ci le sachent. Le malentendu levé, plus rien ne s’oppose au bonheur des amoureux. Cette trame issue d’une pièce de Ludvig Holberg est à l’origine de Maskarade, un opéra bouffe où Nielsen évoque subtilement la musique du XVIIIe siècle. Si l’œuvre scénique n’a guère franchi les frontières du Danemark, son ouverture s’est imposée au concert, grâce à son énergie pétillante et à son rythme enivrant de valse.

Magnus Lindberg (né en 1958) Concerto pour clarinette et orchestre
Composé en 2001-2002 / Créé le 14 septembre 2002 à Helsinki, par Kari Kriikku (clarinette) et l’Orchestre symphonique de la Radio finlandaise sous la direction de Jukka-Pekka Saraste

Magnus Lindberg aime confronter un instrument soliste à un orchestre, comme l’attestent ses nombreux concertos. « L’aspect virtuose du genre m’a toujours inspiré. Entraîner les instruments vers de nouveaux territoires, envisager toutes les possibilités d’établir un dialogue entre l’orchestre et le soliste : voilà un champ immensément riche », déclare le compositeur finlandais.
Son Concerto pour clarinette témoigne de son évolution vers une musique plus consonante, transparente et lyrique. Mais si Lindberg abandonne les éruptions de sa première manière, il conserve cependant l’énergie caractéristique de son style. Il dote le soliste de lignes volubiles, parfois dans un esprit d’improvisation, à l’image du solo qui ouvre la partition. La clarinette déploie ses courbes sensuelles au sein de couleurs orchestrales chatoyantes, souvent luxuriantes. À l’alternance vif-lent-vif du concerto classique se substitue le discours continu d’une narration purement sonore, Lindberg considérant la composition comme une forme d’expression fondamentalement abstraite.

Jean Sibelius (1865-1957) Symphonie n° 1 en mi mineur, op. 39
Composée en 1898-1899, révisée en 1900 / Première version créée 26 avril 1899 à Helsinki, par l’Orchestre de la Société philharmonique sous la direction du compositeur / Version révisée créée le 1er juillet 1900 à Helsinki, par l’Orchestre de la Société philharmonique sous la direction de Robert Kajanus

Quand Sibelius compose sa Symphonie n° 1, il est déjà l’auteur de plusieurs partitions orchestrales. Mais il a fourbi ses armes avec des musiques de scène et des poèmes symphoniques (En Saga, La Nymphe des bois, la Suite de Lemminkaïnen) avant de s’attaquer à la symphonie, le genre le plus prestigieux de la musique instrumentale. Il sait en effet qu’on ne manquera pas de le comparer à ses prédécesseurs, et notamment aux compositeurs allemands. Mais il tâtonne avant de parvenir au résultat souhaité : la première mouture (désormais perdue) de sa Symphonie n° 1 ne comportait pas le solo de clarinette qui ouvre de façon si originale la mouture définitive. Sibelius cherche à se libérer des formules académiques, tout en conservant la parfaite maîtrise de l’architecture héritée de la tradition germanique. Pour son Finale, qui porte la mention « quasi una fantasia », peut-être s’est-il souvenu de la liberté formelle des deux Sonates pour piano « quasi una fantasia » op. 27 de Beethoven (qui comprennent la célèbre « Clair de lune »).
Cette émancipation des conventions s’entend aussi dans la mosaïque d’atmosphères du mouvement lent, l’alliance de rugosité et d’élégance du Scherzo, et la façon dont se referme la partition. Sibelius semble vouloir conclure sur une péroraison cuivrée mais, au dernier moment, il esquive ce geste convenu. De façon inattendue, la symphonie s’achève sur la pointe des pieds, avec deux accords en pizzicato.

Hélène Cao

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Organisé par Festival Radio France